
Créée en 1998, l’épicerie sociale est animée par un intendant gestionnaire ainsi qu’une conseillère en économie sociale et familiale. Après études des dossiers, les familles ont un droit d’accès à l’épicerie sociale et doivent aussi accepter un suivi budgétaire par la CESF. Il leur est attribué un capital pendant 6 mois, à valoir dans l’épicerie où ces familles paient 10% de leurs achats. Le suivi réalisé par la CESF est au cœur de ce dispositif.
Le CIAS a par ailleurs mis en place un programme de lutte contre l’isolement. Trois professionnels et le Comité local des retraités et des Personne Agées, constitué essentiellement de bénévoles, qui en animent les différentes activités. Pour les personnes mobiles, des sorties culturelles sont organisées. Le programme «sorties à petits pas» concerne quant à lui, les personnes moins mobiles : jeux de sociétés, goûters et sorties au restaurant leur sont proposés. Enfin, pour les personnes n’étant pas en capacité de sortir, un réseau de visites à domicile est mis en place.
Afin de gérer l’ensemble de ses missions, le CIAS se divise en pôles administratifs et en pôles opérationnels. Les trois grands services sont le pôle « aide et développement social », le pôle « soutien à domicile » et le pôle « lutte contre l’isolement, prévention du vieillissement » .
Quels éléments ont impulsé la création d’un CIAS sur votre territoire ?
La création du CIAS a été impulsée par un constat clair de la Communauté de Communes de l’inégalité d’accès aux aides et informations des citoyens en fonction de leur lieu d’habitation.
La création d’un CIAS s’est ainsi imposée comme une solution pour permettre une égalité de traitement des demandes quelque soit la commune habitée. Les communes rurales du vendômois, même celles qui ne comptent pas plus de 300 habitants, ne pourraient obtenir les mêmes prestations sans l’intervention de la Communauté de communes et de son CIAS.
Bien évidemment, une volonté politique commune était nécessaire et un accord sur les compétences transférées était indispensable.
Quels partenariats institutionnels (Conseil général, Pôle Emploi, etc…) avez-vous mis en place pour mener à bien vos missions ?
Plusieurs partenariats ont été mis en place par le CIAS. Avec le Conseil général, le CIAS travaille sur différents projets :
- à propos de la répartition du public, un partenariat nous octroie pour mission d’accompagner les personnes seules, sans enfant à charge. La convention prévoit la prise en charge d’un poste de travailleur social et un demi-poste de CESF (épicerie sociale).
- le Conseil Général subventionne l’accompagnement des bénéficiaires du RSA.
- Le CIAS a passé une convention d’aide à la médiation locative pour des logements d’insertion avec le Conseil général. Il y est prévu que le CIAS loue des logements pour les sous-louer à des personnes ou familles en difficultés. L’objectif à moyen terme est de permettre aux familles de devenir locataires par le biais d’un système de bail glissant.
- En plus de l’agrément qualité, le service Prestataire d’aide à domicile a reçu l’autorisation du Conseil général. Le budget en M22 est donc distinct de celui du CIAS.
- La politique gérontologique du Département a engendré la disparition du CLIC qui était porté par le CIAS. Il a été remplacé par une coordination gérontologique départementale avec un partage du territoire départemental en trois zones, chacune animée par un animateur territorial.
Pour la partie Nord, sur laquelle est situé le CIAS du pays de vendôme, cette animation est gérée par un agent du CIAS, appuyé par une plate-forme d’information téléphonique tenue deux après midi par semaine par un agent du CIAS, et est appelée « Vivre autonome 41 ». En effet, un numéro unique sur le département permet aux usagers d’obtenir l’ensemble des informations souhaitées sur les services mis à dispositions des personnes âgées.
Avec l’Etat, nous avons un partenariat relatif à l’Allocation Logement Temporaire car nous gérons sept logements d’urgence. Le CIAS perçoit cette allocation et assure une astreinte 24h/24 afin d’accueillir les personnes qui seront logées dans un des sept appartements. La semaine, cette astreinte est assurée par le pôle « aide et développement social » ; les soirs, week-ends et jours fériés, ce sont les cadres qui sont sollicités.
Par ailleurs, tout projet élaboré dans le cadre de la politique de lutte contre l’isolement et de la prévention du vieillissement amène de nouveaux partenariats par exemple avec les caisses de retraite, les mutuelles, la CARSAT, différentes fondations ou encore des grands groupes industriels.
Quel bilan tirez-vous de la mise en place du CIAS ?
Le CIAS était au départ peu connu par les communes autres que celle de Vendôme. Dix ans après sa création, la situation est tout à fait différente : les usagers le connaissent de mieux en mieux. En témoigne la dernière ABS effectuée en 2009, où 80 % des personnes âgées interrogées indiquaient connaître le CIAS.
D’un point de vue institutionnel, le CIAS est reconnu par les élus comme un acteur incontournable de l’action sociale. Il apporte un soutien en matière d’information et en matière technique aux secrétaires de mairie et est en quelque sorte la vitrine de l’intercommunalité. En outre le CIAS du Pays de Vendôme est reconnu au niveau des acteurs sociaux locaux du fait de sa participation à différents réseaux d’action (dans le domaine de la prévention contre le suicide, dans la lutte contre les addictions, ou encore sa participation aux commissions d’évaluation des ESMS).
Quels sont les principaux projets du CIAS ?
2011 verra l’évaluation interne de nos services maintien à domicile, la mise en œuvre du plan de formation (2011-2013) et la mise en place d’une plateforme de services notamment gérontologiques.
Interview de Marie-Françoise BLAUWBLOMME,
Responsable du pôle Prospective du CIAS de Vendôme (Loir-et-Cher)


